Matot Braine

Tourisme. Un spécialiste de la communication digitale crée un site de mise en relation entre œnotouristes et professionnels viticoles afin d’optimiser la réservation de visites et de dégustations. Winalist, le site internet qui veut faciliter l’œnotourisme   Grâce aux nouveaux outils numériques, la start-up Winalist est capable de cibler des messages promotionnels vers les touristes […]

Tourisme. Un spécialiste de la communication digitale crée un site de mise en relation entre œnotouristes et professionnels viticoles afin d’optimiser la réservation de visites et de dégustations.

Winalist, le site internet qui veut faciliter l’œnotourisme

 

Grâce aux nouveaux outils numériques, la start-up Winalist est capable de cibler des messages promotionnels vers les touristes venus en Champagne ou qui viennent d’atterir à Paris par exemple. Accessible aux visiteurs français, le portail est déjà traduit en sept langues (anglais, allemand, espagnol, italien, néerlandais et portugais) et cible donc prioritairement les touristes étrangers. « Nous nous adressons aux 9 personnes sur 10 qui organisent elles-mêmes leurs vacances. Nous avons constaté que l’offre œnotouristique est encore peu accessible et faiblement digitalisée. Nous leur proposons donc de découvrir des domaines et d’effectuer gratuitement une visite ou une dégustation», présente Nicolas Manfredini, le créateur de Winalist.
Si tout est gratuit pour l’utilisateur, cela signifie que ce sont les professionnels qui rémunèrent Winalist. « Nous leur permettons d’accroître leur visibilité et de développer leur chiffre d’affaires tout en leur apportant des services. Les domaines prennent un abonnement (de 29 € à 89 € par mois) pour présenter leur activité et le planning de leurs visites. Les réservations se font directement depuis le site et, grâce à un outil facile à utiliser, les professionnels peuvent ainsi mieux gérer leur calendrier », explique le créateur. Des rappels (mail et SMS) sont ensuite envoyés aux touristes pour leur rappeler la réservation de leur activité. Spécialiste de la communication et déjà créateur de son agence Hachetag à Reims qui travaille notamment pour l’aéroport Paris-Vatry, l’Assiette Champenoise ou Groupama Nord-Est, Nicolas Manfredini apporte aussi son savoir-faire en matière de publicité en ligne aux clients de Winalist car dès l’abonnement intermédiaire, 30 % du prix est réinvesti pour communiquer au nom du domaine sur les réseaux sociaux et sur Google. En trois mois d’existence, la start-up (4 personnes) affiche déjà une quarantaine de professionnels champenois et l’entrepreneur sparnacien espère compter une centaine de clients d’ici la fin de l’année. « Nous voulons nous développer également dans les autres vignobles et nous avons déjà recruté un commercial dans le Bordelais », annonce- t-il.

Entre l’œnotouriste et le professionnel viticole, aucun paiement ne s’effectue par Winalist. Et comme dans toute plateforme de mise en relations, les clients peuvent évaluer la prestation en notant le domaine viticole après leur visite. La possibilité de répondre à ces commentaires fait partie des options qui peuvent inciter les professionnels à ne pas se contenter de l’abonnement basique. L’autre enjeu pour Winalist est de les convaincre que l’œnotourisme ne se limite pas à la période estivale et que les clients ont tout intérêt à continuer leur communication (et leur abonnement) tout au long de l’année. Outre l’utilisation du digital, Nicolas Manfredini va aussi chercher à tisser des partenariats avec des agences de location de voiture par exemple et à convaincre les offices de tourisme et les organisations professionnelles du champagne d’effectuer la promotion de Winalist afin de développer l’œnotourisme. La start-up sera par exemple présente sur le Pavillon du Futur lors du VITeff, du 17 au 20 octobre à Epernay.

Philippe Demoor

Selon le Comité régional du tourisme Champagne-Ardenne, le vigno- ble champenois représente 1,7 million des 10 millions d’œnotou- ristes en France en 2016. Le territoire est donc le deuxième vigno- ble le plus visité après le Bordelais et contribue à faire du Grand Est la première région œnotouristique de France. En comptant l’Aisne et la Seine-et-Marne, les œnotouristes repré- sentent 1,47 million de nuitées hôtelières (1,3 million de nuitées en 2014). 45 % des clients choisissent la région pour sa gastrono- mie et ses vins, le champagne est donc la première motivation des visiteurs. 46 % des touristes visitent des caves ou achètent du champagne sur place. Selon des chiffres de 2014, leur panier moyen en vin est de 220€.

Source : Matot Braine, Paru le 21/08/2017